Voyage en famille à Bali
choisir sa base et préparer le séjour
L’île paraît petite, et c’est exactement ce qui piège les familles. Voici comment organiser un séjour à Bali avec des enfants sans passer ses journées en voiture.
Bali se prête bien à un voyage en famille, à condition de renoncer à l’itinéraire qui enchaîne les étapes : l’île est petite mais les trajets y sont lents, une trentaine de kilomètres demandant souvent plus d’une heure de voiture. La bonne méthode consiste à limiter le séjour à une ou deux bases, à viser la saison sèche hors du cœur de l’été, et à choisir un littoral abrité si les enfants doivent se baigner.
- Deux bases maximum : chaque changement d’hébergement coûte une demi-journée de transfert.
- Toutes les plages ne se baignent pas : houle et courants d’arrachement à l’ouest, lagons calmes à l’est et au sud.
- Trois formalités distinctes : visa, taxe touristique et déclaration d’arrivée, à ne pas confondre.
- La taxe vaut aussi pour les bébés : 150 000 roupies par personne, sans exemption d’âge.
Bali est petite, mais on n’y roule pas vite
Sur une carte, l’île tient dans un mouchoir de poche. Les grandes étapes semblent toutes voisines, et l’on bâtit sans y penser un programme qui enchaîne le sud, l’intérieur, le nord et les îles voisines en dix jours.
Bali n’a pas d’autoroute reliant ses grands pôles touristiques. On circule sur des routes étroites, partagées avec un flot continu de deux-roues, traversant des villages où le trafic ralentit à chaque temple et chaque marché. Une trentaine de kilomètres se paie couramment entre une heure et quart et deux heures de voiture.
Aux heures chargées, la même distance dépasse volontiers les deux heures et demie. Ces créneaux se repèrent : les fins d’après-midi, entre la sortie des classes et la soirée, saturent les axes du sud ; les samedis sont denses du matin au soir ; les cérémonies religieuses, fréquentes et parfois improvisées, immobilisent une route sans prévenir. Avec des enfants à l’arrière, l’écart entre une heure et deux heures et demie de trajet ne se mesure pas en minutes mais en humeur du soir.
Choisir sa base
la décision qui détermine le séjour
De là découle la vraie décision du voyage, qui n’est pas la liste des lieux à voir mais le nombre de bases. Sur dix à douze jours, deux hébergements suffisent largement, et un seul se défend très bien. Chaque changement coûte une demi-journée de transfert, un rangement de valises et un temps de réadaptation pour les enfants. Plus ils sont jeunes, plus cette addition pèse : avec un enfant qui fait encore la sieste, une base unique et des excursions à la journée valent mieux qu’un circuit.
Sanur
Le compromis le plus simple avec de jeunes enfants : proche de l’aéroport, plat, doté d’une longue promenade de bord de mer où l’on marche sans se battre avec la circulation, et bordé d’une eau calme protégée par le récif. C’est la base qui demande le moins d’organisation quotidienne.
Nusa Dua
Même logique dans un registre plus fermé : plages de lagon très protégées, baignade surveillée, hébergements conçus pour les familles. On y perd en vie locale ce que l’on gagne en tranquillité, ce qui convient bien à un premier séjour ou à un voyage avec des tout-petits.
Ubud
Rizières, temples, artisanat et forêts : le décor change complètement. Un peu plus frais et nettement plus humide que la côte, ce que les enfants supportent souvent mieux en journée. Mais la mer est à plus d’une heure de route, ce qui exclut d’y ajouter la plage au quotidien.
Canggu et Seminyak
Animés, très fréquentés, avec une restauration abondante qui séduit les adolescents. La contrepartie tient en deux mots : circulation dense et mer souvent agitée. Pour un séjour avec de petits enfants, c’est le choix le moins reposant de l’île.
Se déplacer sur place avec des enfants
Puisque tout le séjour se joue sur les trajets, autant savoir comment on les fait. La formule la plus répandue, et la plus confortable en famille, reste le chauffeur à la journée : une voiture, un conducteur qui connaît les routes et les horaires de trafic, un tarif convenu à l’avance pour la journée entière. Cela permet de fractionner les visites, de laisser les affaires dans le véhicule et d’écourter une sortie qui tourne court.
Les applications de transport à la demande fonctionnent bien dans le sud et autour d’Ubud, à des prix modestes, mais elles sont mal acceptées dans certaines zones où les chauffeurs locaux défendent leur activité. Mieux vaut ne pas en faire l’unique solution de repli. La location de voiture avec conduite personnelle reste possible, mais la conduite à gauche, la densité de deux-roues et l’absence de sièges enfants dans beaucoup de véhicules en font une option exigeante.
Il est partout, il est bon marché, et c’est le principal pourvoyeur d’accidents de voyageurs sur l’île. Circuler à plusieurs sur un deux-roues avec un enfant, sans casque adapté ni permis reconnu localement, expose à un refus de prise en charge par l’assurance en cas d’accident. Vérifiez ce que couvre réellement votre contrat avant de louer quoi que ce soit.
Quand partir en famille
Bali connaît deux saisons. La saison sèche s’étend en gros d’avril à octobre : ensoleillement long, températures stables autour de la trentaine sur les côtes, pluies rares. La saison humide, de novembre à mars, apporte des averses fortes mais généralement courtes — une heure d’orage en fin d’après-midi plutôt qu’une journée perdue —, une humidité pesante et une mer parfois chargée.
Dans la fenêtre sèche, tous les mois ne se valent pas pour une famille. Juillet et août concentrent l’affluence, les prix hauts et les routes les plus chargées. Les mois de mai, juin, septembre et le début d’octobre gardent le beau temps avec une fréquentation plus supportable, ce qui compte double quand chaque trajet dépend du trafic.
Un détail géographique mérite d’être retenu : l’intérieur ne suit pas exactement le climat de la côte. Ubud, en altitude modeste et entouré de végétation, affiche quelques degrés de moins et une humidité plus élevée, avec des averses de fin de journée plus fréquentes qu’à Sanur au même moment. Prévoir de quoi se couvrir légèrement le soir n’y est pas superflu.
Où les enfants peuvent réellement se baigner
C’est l’information que les guides oublient le plus souvent, alors qu’elle conditionne la réussite des journées. Toutes les plages de Bali ne se baignent pas de la même manière, et certaines ne se baignent pas du tout avec de jeunes enfants.
Les côtes ouest et sud-ouest sont exposées à la houle de l’océan Indien. C’est ce qui fait leur réputation auprès des surfeurs, et c’est aussi ce qui les rend inadaptées aux petits : rouleaux puissants, retour d’eau brutal, et courants d’arrachement qui entraînent vers le large — un courant que l’on ne remonte pas à la nage en lui faisant face, même bon nageur. Ces plages restent superbes pour un coucher de soleil ou un château de sable, mais la baignade y demande une vigilance constante et le respect strict des zones surveillées.
À l’inverse, la côte est et la pointe sud abritent des eaux nettement plus calmes. Sanur est protégée par une barrière de corail qui casse la houle et crée un plan d’eau tranquille, avec des marées marquées : à marée basse, l’eau se retire loin et découvre un platier, ce qui amuse beaucoup les enfants mais réduit la baignade. Nusa Dua présente le même type de lagon dans un cadre plus aménagé et surveillé.
Le réflexe qui vaut partout : demander à l’hébergement l’état de la mer du jour et la présence de surveillance, et ne jamais se fier à l’apparence calme d’une plage vue depuis le sable.
Formalités
visa, taxe touristique et carte d’arrivée
Trois démarches distinctes se superposent à l’entrée, et les confondre est la cause d’une bonne partie des mauvaises surprises à l’arrivée.
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Le visa à l’arrivée
Pour un séjour touristique court, l’Indonésie délivre un visa à l’arrivée, payant, valable trente jours et prolongeable une fois pour une durée équivalente. Il existe aussi en version électronique à demander en ligne avant le départ, ce qui évite une file d’attente à l’aéroport après un vol de nuit avec des enfants. Tarif et procédure se vérifient sur le site officiel de l’immigration indonésienne, car ils évoluent.
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La taxe touristique provinciale
Instaurée par la province de Bali, elle s’élève à 150 000 roupies indonésiennes par personne, soit une dizaine d’euros. Elle s’applique à chaque voyageur, adultes, enfants et bébés compris : pour une famille de quatre, il faut donc prévoir quatre paiements. Elle est indépendante du visa et se règle une fois par séjour.
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La déclaration d’arrivée électronique
À remplir dans les jours qui précèdent le vol, gratuite, elle se présente sous forme de code à conserver et à présenter au contrôle. Elle ne dispense ni du visa ni de la taxe.
Sur ces trois démarches, une règle simple protège des arnaques : les paiements officiels passent uniquement par des sites gouvernementaux indonésiens, dont l’adresse se termine par le suffixe .go.id. Les sites en .com ou .org qui proposent de régler la taxe ou le visa, les annonces sponsorisées et les codes à scanner distribués sur place surfacturent au mieux, collectent des données bancaires au pire.
Santé
les précautions à prendre avec des enfants
L’eau du robinet n’est pas potable à Bali. On boit de l’eau en bouteille ou traitée, et cette précaution s’étend aux gestes du quotidien avec de jeunes enfants : brossage de dents, rinçage des biberons, glaçons dans les boissons. Les troubles digestifs du voyageur, très courants sur l’île, viennent le plus souvent de là.
Les moustiques sont le deuxième point de vigilance. La dengue circule en Indonésie, transmise par des moustiques actifs en journée. La protection repose sur les moyens habituels — vêtements couvrants aux heures sensibles, répulsifs, moustiquaires — sachant que le choix du produit dépend de l’âge de l’enfant et se discute en amont avec un professionnel de santé. Une règle reste claire : toute fièvre pendant ou après le séjour justifie une consultation médicale, en signalant le voyage.
Vient enfin la question des animaux, singes en tête. Les temples et forêts où ils vivent sont des lieux de visite très prisés des enfants, et les macaques y sont habitués à l’homme au point de saisir sacs, lunettes et bouteilles. Des cas de rage sont recensés sur l’île. La consigne tient en trois interdits : ne pas nourrir, ne pas toucher, ne pas faire de geste brusque. Toute morsure ou griffure, même superficielle, impose un lavage immédiat et prolongé à l’eau et au savon, puis une consultation sans délai.
Ces éléments ne remplacent pas un avis médical. Un rendez-vous chez le médecin traitant ou dans un centre de vaccination internationale, plusieurs semaines avant le départ, permet de faire le point sur les vaccinations à jour et sur celles qui sont recommandées selon l’âge des enfants et le type de séjour. Les conseils aux voyageurs publiés par le ministère des Affaires étrangères donnent l’état sanitaire actualisé du pays.
Ce qu’il faut trancher avant de réserver
Trois arbitrages font l’essentiel du travail. Le premier porte sur le nombre de bases, et se règle en fonction de l’âge des enfants : une seule avec des tout-petits, deux au maximum ensuite. Le deuxième porte sur la période, la saison sèche hors du cœur de l’été équilibrant au mieux météo, affluence et fluidité des routes. Le troisième porte sur le littoral choisi, qui détermine si les enfants se baigneront tous les jours ou regarderont les vagues depuis le sable.
Une fois ces trois points tranchés, le reste du programme se construit presque tout seul, parce que chaque journée part et revient au même endroit.
Bali convient-il à de jeunes enfants ?
Oui, à condition d’adapter le rythme et l’implantation. Les zones de lagon calme du sud-est et de la pointe sud conviennent bien aux petits, l’accueil des enfants y est facile et les hébergements familiaux nombreux. Ce qui fatigue, ce ne sont pas les activités mais les trajets : c’est là qu’il faut alléger le programme.
Faut-il changer plusieurs fois d’hébergement pendant le séjour ?
Rarement plus d’une fois. Sur dix à douze jours, deux bases suffisent à couvrir la mer et l’intérieur de l’île. Chaque changement coûte une demi-journée de transfert, un rangement complet et un temps de réadaptation pour les enfants, ce qui pèse plus lourd que le gain de proximité espéré.
Les enfants et les bébés paient-ils la taxe touristique de Bali ?
Oui. La taxe s’élève à 150 000 roupies indonésiennes par personne, soit une dizaine d’euros, et s’applique à chaque voyageur sans exemption d’âge : adultes, enfants et nourrissons. Pour une famille de quatre, il faut donc prévoir quatre paiements, indépendants du visa.
Peut-on se baigner partout à Bali ?
Non. Les côtes ouest et sud-ouest reçoivent la houle de l’océan Indien : rouleaux, retour d’eau et courants d’arrachement y rendent la baignade risquée pour de jeunes enfants, même quand la plage paraît calme depuis le sable. Les eaux abritées se trouvent plutôt sur la côte est et la pointe sud, où les récifs cassent la houle.
Quelle est la meilleure période pour partir à Bali en famille ?
La saison sèche, qui court en gros d’avril à octobre. Dans cette fenêtre, mai, juin, septembre et le début d’octobre combinent beau temps et fréquentation plus modérée que juillet et août, ce qui allège aussi la circulation sur les routes de l’île.
Une île que l’on croit parcourir et qu’on gagne plutôt à habiter : le souvenir qui reste d’un séjour balinais en famille tient souvent à la journée où l’on n’a rien programmé du tout.