Vignobles franciliens à visiter : 8 sites accessibles, du Clos Montmartre à Suresnes
Avant le phylloxéra, l’Île-de-France était une grande région viticole. Il en reste aujourd’hui une quinzaine de petits vignobles, dont 8 ouverts à la visite. Tour rapide.
L’Île-de-France compte aujourd’hui une quinzaine de vignobles, dont 8 réellement accessibles à la visite. Le plus connu est le Clos Montmartre (1933, fête des vendanges en octobre), le plus important en surface est le Clos du Pas-Saint-Maurice à Suresnes (environ 1 hectare). Les autres sont communaux ou associatifs : Argenteuil, Bagneux, Sceaux, Belleville, Davron. Vendanges en septembre-octobre, vins symboliques en très petites quantités.
- Clos Montmartre : planté en 1933, ~1 500 m², visite limitée à la Fête des vendanges en octobre.
- Suresnes Clos du Pas-Saint-Maurice : ~1 hectare, le plus important, visite via Office de tourisme.
- IGP Île-de-France : créée en 2009, seul cadre légal pour les vins franciliens.
- Saison : septembre-octobre uniquement, hors période la majorité des sites est inaccessible.
Pourquoi parler de vignobles en Île-de-France
Avant la fin du XIXe siècle, le Bassin parisien était l’une des plus vastes régions viticoles de France. La vigne descendait du Vexin jusqu’à l’Essonne, couvrait les coteaux d’Argenteuil, de Suresnes, de Sannois, et alimentait Paris en vin courant. Le phylloxéra, qui a ravagé la France entière entre 1860 et 1880, a porté un coup fatal au vignoble francilien : ce qui n’a pas été détruit a été abandonné au profit de la construction urbaine et de l’arrivée massive des vins du Languedoc et de Bourgogne par train.
La renaissance s’est faite en deux temps. Le Clos Montmartre a été planté en 1933 par la Ville de Paris pour préserver le souvenir d’un coteau qui allait disparaître sous les immeubles. Puis, à partir des années 1970-1980, plusieurs communes de la petite couronne (Suresnes, Bagneux, Sceaux, Argenteuil) ont replanté de petits vignobles, à la fois patrimoniaux et mémoriels. Depuis 2009, certains vins peuvent être commercialisés sous l’IGP Île-de-France.
Vignoble symbolique ou vrai vignoble ?
Beaucoup de ces vignes produisent quelques centaines à quelques milliers de bouteilles par an. C’est très peu, et ce n’est pas conçu comme une production sérieuse. La logique est patrimoniale : préserver une vigne urbaine, organiser une fête annuelle, vendre quelques bouteilles au profit d’œuvres locales. Le vignoble de Suresnes, avec environ 1 hectare, est le seul à approcher une production agricole crédible.
| Vignoble | Commune | Visite |
|---|---|---|
| Clos Montmartre | Paris 18e (~1 500 m²) | Fête des vendanges octobre + JEP |
| Parc de Belleville | Paris 20e (1992) | JEP septembre, ouvertures rares |
| Parc de Bercy | Paris 12e | Visible, événements ponctuels |
| Clos du Pas-Saint-Maurice | Suresnes (~1 ha) | Office de tourisme, caveau IGP |
| Clos de la Côte des Vignerons | Argenteuil (~1 200 m²) | Fête de quartier septembre-octobre |
| Clos des Brugnauts | Bagneux | Vendanges fin septembre |
| Vigne du parc de Sceaux | Sceaux | Pédagogique, événements |
| Vignoble communal | Davron (Yvelines) | Vendanges associatives |
Paris intra-muros : Clos Montmartre et autres vignes urbaines
Paris compte aujourd’hui plusieurs vignes plantées dans des espaces verts municipaux. La plus connue est le Clos Montmartre, sur le flanc nord de la Butte (rue des Saules, à l’angle de la rue Saint-Vincent). Plantée en 1933 par la Ville de Paris, elle s’étend sur environ 1 500 m² et produit chaque année entre 800 et 1 500 bouteilles d’un vin rouge de tradition, mis aux enchères au profit des œuvres sociales du XVIIIe arrondissement. La Fête des vendanges de Montmartre, début octobre, attire plusieurs centaines de milliers de visiteurs sur cinq jours — c’est l’un des grands événements festifs de l’automne parisien. Hors fête, le clos n’est pas accessible librement : la visite passe par des journées du patrimoine ou des événements associatifs.
D’autres vignes parisiennes existent, beaucoup moins connues. Le parc de Belleville abrite une petite parcelle dans le nord-est, plantée en 1992. Le parc de Bercy héberge également quelques rangs symboliques rappelant l’ancienne vocation viticole du quartier. Le jardin du Luxembourg maintient une petite vigne pédagogique. Aucune ne se visite en dehors d’événements ponctuels.
Petite couronne : Suresnes, Bagneux, Sceaux, Argenteuil
C’est dans la petite couronne que se concentrent les vignobles franciliens les plus actifs.
Suresnes, dans les Hauts-de-Seine, abrite le Clos du Pas-Saint-Maurice, le plus grand vignoble d’Île-de-France avec environ 1 hectare planté sur le mont Valérien. Les vendanges ont lieu début octobre. Le caveau de la commune permet de goûter et d’acheter les vins (chardonnay, sauvignon, gamay), commercialisés sous l’IGP Île-de-France. Visite guidée possible sur réservation auprès de l’Office de tourisme de Suresnes.
Argenteuil, dans le Val-d’Oise, perpétue une tradition viticole majeure du XIXe siècle. Le Clos de la Côte des Vignerons a été replanté au début des années 2000 sur 1 200 m² environ, sur les pentes qui dominent la Seine. Les vendanges se font en commun en septembre-octobre, avec une fête de quartier qui a retrouvé sa place dans le calendrier local.
Bagneux, dans les Hauts-de-Seine, possède le Clos des Brugnauts, planté dans les années 1990 sur les anciennes terres viticoles de la commune. Production limitée, fête des vendanges fin septembre.
Sceaux, également dans les Hauts-de-Seine, conserve une petite vigne dans le parc, davantage pédagogique que productrice. Plusieurs autres communes (Bourg-la-Reine, Châtenay-Malabry) entretiennent des parcelles symboliques de quelques rangs.
Grande couronne : Davron, Jouy-en-Josas et la Brie
La grande couronne compte moins de vignobles, et ceux qui existent sont souvent récents et de petite taille.
Davron, dans les Yvelines, héberge un vignoble communal planté dans les années 1990, qui produit un vin blanc de tradition. Jouy-en-Josas entretient quelques rangs sur les hauteurs. La Brie, malgré son histoire viticole, ne compte plus de vignoble structuré aujourd’hui : quelques projets associatifs émergent en Seine-et-Marne (Coulommiers, Crécy-la-Chapelle), mais ils restent confidentiels et sans accueil régulier.
Quelques rares domaines privés existent, comme la propriété de Saint-Lambert-des-Bois (Yvelines), mais ils ne sont pas systématiquement ouverts au public. La règle reste celle des vignobles communaux à fête annuelle : prévoir d’y aller en septembre-octobre.
Quand y aller : vendanges et fêtes annuelles
Le calendrier des vignobles franciliens tourne autour d’une seule période : fin septembre à fin octobre. C’est la fenêtre où les sites s’animent et où la visite a vraiment du sens.
Vendanges petite couronne et JEP
Vendanges d’Argenteuil et de Bagneux fin septembre, sur un weekend ou un jour. Ouverture des vignes parisiennes (Belleville, Bercy) lors des Journées européennes du patrimoine (3e weekend de septembre).
Vendanges de Suresnes
Journée festive avec dégustation au caveau et marché des vignerons franciliens. Le vignoble de référence pour qui veut goûter une production crédible sous IGP Île-de-France.
Fête des vendanges de Montmartre
5 jours de festivités sur la Butte, programme officiel publié l’été. Très forte fréquentation, prévoir une arrivée tôt et un trajet à pied ou en métro depuis Anvers ou Abbesses.
Que goûter et que rapporter
Soyons clairs : le vin francilien n’est pas un grand vin. Les conditions de plantation (parcelles très réduites, sols urbains, expositions parfois imparfaites) ne permettent pas une production qualitative au sens des grandes appellations. Mais c’est un vin de tradition, intéressant à goûter pour ce qu’il représente.
Les vins de Suresnes sont les plus aboutis : un blanc de chardonnay et de sauvignon, un rouge de gamay, dans des standards de petit vin de table convenable. L’IGP Île-de-France, créée en 2009, leur permet une commercialisation officielle.
Les vins du Clos Montmartre, eux, sont quasi-inaccessibles à l’achat normal : la production est mise aux enchères chaque année, à des prix qui n’ont rien à voir avec la qualité gustative (250 à 1 000 € la bouteille selon les années, pour un vin rouge mémoriel). Les autres vins communaux (Argenteuil, Bagneux) sont distribués localement, en très petites quantités, souvent au profit d’œuvres caritatives.
À rapporter : une bouteille de Suresnes pour goûter un vin francilien crédible, et l’idée que Paris a été, pendant des siècles, une terre de vigne.
Y a-t-il vraiment des vignes à Paris ?
Oui. Le Clos Montmartre est la plus connue (planté en 1933, environ 1 500 m²). D’autres vignes plus petites existent au parc de Belleville (1992), au parc de Bercy, au jardin du Luxembourg. Toutes sont municipales ou associatives, plantées dans des parcs ou sur des coteaux historiques.
Peut-on visiter le Clos Montmartre librement ?
Non. Le Clos Montmartre n’est pas accessible librement : la visite se fait pendant la Fête des vendanges (début octobre, 5 jours), les Journées du patrimoine en septembre, ou via des visites associatives organisées par le Comité des fêtes du XVIIIe. Hors événement, on ne peut le voir que depuis la rue (rue des Saules / rue Saint-Vincent).
Quel est le plus grand vignoble d’Île-de-France ?
Le Clos du Pas-Saint-Maurice à Suresnes, avec environ 1 hectare planté sur le mont Valérien. C’est aussi le plus crédible en termes de production (chardonnay, sauvignon, gamay sous IGP Île-de-France) et le plus facile à visiter, via l’Office de tourisme de Suresnes.
Quand sont les vendanges en région parisienne ?
Entre fin septembre et fin octobre. La Fête des vendanges de Montmartre se tient au 2e weekend d’octobre. Les vendanges de Suresnes début octobre. Argenteuil et Bagneux fin septembre. Hors de cette fenêtre, la plupart des vignobles franciliens ne se visitent pas.
Le vin francilien a-t-il une AOC ?
Non, pas d’AOC. Mais l’IGP (Indication géographique protégée) Île-de-France a été créée en 2009 et permet à plusieurs vignobles franciliens (notamment Suresnes) de commercialiser officiellement leurs vins. C’est le seul cadre légal qui reconnaît une viticulture régionale francilienne.
Quel premier vignoble francilien visiter ?
Suresnes pour la production sérieuse, accessible via l’Office de tourisme avec dégustation au caveau. Le Clos Montmartre pour la dimension festive, à condition de venir pour la Fête des vendanges en octobre. Argenteuil pour redécouvrir un terroir viticole majeur du XIXe siècle dans une ambiance de fête de quartier.
Une quinzaine de vignobles, presque tous franciliens, presque tous patrimoniaux : Paris reste, par fragments, une terre de vigne. À condition de venir en septembre-octobre.