Grand Est · Patrimoine

Nancy Art nouveau insolite : quartier Saurupt et façades cachées du centre

Sortir des classiques pour découvrir l’Art nouveau nancéien dans son tissu vivant : Saurupt, façades du centre, et boutiques d’époque.

Façade Art nouveau de Nancy avec ferronneries florales et motifs végétaux en pierre claire, lumière douce
Réponse rapide

Au-delà des classiques (Villa Majorelle, musée de l’École de Nancy), Nancy concentre des bijoux Art nouveau peu visités : le quartier Saurupt avec sa cité-jardin (Villa des Glycines, des Roches, des Pâquerettes), les façades dispersées du centre (Maison Bergeret, Brasserie Excelsior, ancienne Banque Renauld), et plusieurs immeubles bourgeois à découvrir en levant le nez. Parcours à pied en 2 h 30.

  • Quartier Saurupt : cité-jardin Art nouveau, plusieurs villas remarquables.
  • Façades centre : Maison Bergeret, Brasserie Excelsior, Banque Renauld, immeubles bourgeois.
  • École de Nancy 1901 : Gallé, Daum, Majorelle, Vallin, Gruber.
  • Parcours à pied : 2 h 30 à 4 h selon visites intérieures.

Nancy, capitale française de l’Art nouveau : ce qu’il faut savoir

Nancy a inventé une part importante de l’Art nouveau français. En 1901, Émile Gallé fonde l’École de Nancy, alliance officielle d’industriels et d’artistes locaux qui revendique un art décoratif moderne, ancré dans la nature et accessible à tous. Autour de Gallé : les frères Daum (verrerie), Louis Majorelle (mobilier), Eugène Vallin (architecture-mobilier), Jacques Gruber (vitrail), Émile André (architecture).

Pendant une vingtaine d’années (1890-1914), ces ateliers et architectes transforment Nancy. Maisons particulières, immeubles bourgeois, bâtiments commerciaux, façades en rue : la ville se constelle de bâtiments Art nouveau. Beaucoup ont survécu — Nancy n’a pas été bombardée pendant les deux guerres comme Reims ou le Havre, et son patrimoine domestique 1900 reste l’un des plus complets d’Europe.

La plupart des touristes visitent les trois classiques : la Villa Majorelle (rue Louis-Majorelle), le Musée de l’École de Nancy (rue du Sergent-Blandan), et la place Stanislas (qui n’est pas Art nouveau mais XVIIIᵉ). Trois lieux très bien, mais qui ne représentent qu’une petite partie de l’Art nouveau nancéien.

Pour qui veut sortir des classiques, deux territoires s’ouvrent : le quartier Saurupt, une cité-jardin Art nouveau peu fréquentée, et les façades du centre dispersées dans les rues commerçantes, qu’on découvre en levant le nez.

Le quartier Saurupt : un parc résidentiel Art nouveau

Au sud de la ville, à environ vingt minutes à pied de la place Stanislas, le parc de Saurupt est l’une des découvertes les plus surprenantes de Nancy. Ce quartier résidentiel, lancé en 1901 sous l’impulsion de l’architecte Émile André et de l’urbaniste Eugène Vallin, devait devenir une cité-jardin entièrement Art nouveau.

Le projet initial prévoyait des dizaines de villas. La crise de 1914 et les difficultés économiques ont freiné le développement, et seules une vingtaine de villas ont été construites dans le style. Mais celles-ci sont remarquables — quelques-unes parmi les plus belles villas Art nouveau d’Europe encore visibles in situ.

Premières construites

Villa des Glycines

L’une des premières villas du quartier, motifs floraux en façade, toit aux lignes courbes Art nouveau. Vue depuis la rue uniquement (résidence privée habitée).

Émile André

Villa des Roches

Signée Émile André avec décor sculpté et ferronneries d’époque conservées. Façade visible depuis la rue. Voisine de la Villa des Pâquerettes, formant un ensemble cohérent.

Émile André

Villa des Pâquerettes

Même signature, motifs floraux différents. Le contraste entre les deux villas voisines montre la diversité d’invention d’André dans la même grammaire Art nouveau.

Le quartier est résidentiel et habité — discrétion de mise lors de la balade. Pas de visite intérieure pour la plupart des villas, mais les façades, depuis la rue, valent largement le déplacement. Compter une heure de balade sans pression pour faire le tour des principales villas.

Les façades insolites du centre dispersées

L’Art nouveau ne se limite pas aux villas résidentielles. Il a aussi marqué les immeubles commerciaux et de bureaux du centre-ville, dont beaucoup sont passés inaperçus.

La Brasserie Excelsior (rue Henri-Poincaré), à côté de la gare, reste l’un des rares lieux Art nouveau encore en activité. Verrière de Jacques Gruber, mosaïques, ferronneries Majorelle, mobilier d’époque conservé. Un déjeuner ou un café dans la salle vaut presque autant que la visite d’un musée. Pas une adresse insolite — elle est dans tous les guides — mais à connaître absolument.

L’ancienne Banque Renauld (rue Saint-Georges), signée Émile André et Paul Charbonnier 1908-1910, est un chef-d’œuvre méconnu. Façade Art nouveau imposante, intérieur en partie conservé. À regarder de l’extérieur.

La rue Saint-Jean et la rue Saint-Dizier dans le centre commerçant cachent plusieurs façades Art nouveau au-dessus des vitrines de boutiques modernes. Lever le nez : balcons, ferronneries, motifs floraux en pierre. À l’angle de la rue Stanislas et de la rue de la Constitution, plusieurs immeubles bourgeois Art nouveau dorment au-dessus des magasins.

La Maison Bergeret (rue Lionnois), bâtie en 1903 par Lucien Weissenburger, vaut le détour. Façade en pierre claire, motifs aquatiques, ferronneries d’origine. C’est l’une des plus belles maisons Art nouveau visibles depuis la rue.

Le parcours en 2 ou 3 heures à pied

ÉtapeLieuDurée
DépartBrasserie Excelsior (rue Henri-Poincaré)20 min, café ou déjeuner
Place Stanislas + rue Saint-DizierFaçades centre en levant le nez15-20 min
Maison BergeretRue Lionnois, façade extérieure10 min
Musée École de Nancy (option)Rue du Sergent-Blandan1 h si visite
Villa MajorelleRue Louis-Majorelle (à côté)30 min façade ou 1 h intérieur
Parc de SauruptTour des principales villas45 min
Retour place StanislasVia rue Saint-Georges + Banque Renauld15 min

Compter 2 h 30 sans visite intérieure, 4 h avec le musée et la villa.

Conseils pratiques : visite, période, transport

Période : printemps et automne offrent la meilleure lumière pour photographier les façades. Été chaud, hiver souvent pluvieux. Avril-juin et septembre-octobre sont l’idéal.

Transport : le centre de Nancy est entièrement piéton ou facile en tramway (ligne 1). Le parc de Saurupt est à 20 minutes à pied de la place Stanislas, ou en bus (lignes locales). Pas besoin de voiture.

Visites payantes : Villa Majorelle (réservation conseillée, billetterie en ligne), Musée de l’École de Nancy (entrée à la journée). Compter 8-12 € pour chaque. Pass Nancy Pass donne accès groupé.

Applications utiles : l’office du tourisme propose une application Nancy Tour avec parcours Art nouveau audio-guidés (gratuit). Plus complète et précise que les cartes papier.

Boutiques associées : la Cristallerie Daum (rue Stanislas) propose des pièces contemporaines dans la tradition Art nouveau, et un musée gratuit dans la boutique. À combiner avec la balade.

Une dernière chose, sur l’esprit Art nouveau nancéien

L’Art nouveau de Nancy n’est pas démonstratif. À la différence du Modernisme catalan de Barcelone ou de la Sécession viennoise, il joue dans une retenue bourgeoise, ancrée dans la nature locale (les motifs sont des plantes lorraines : ombellifères, ail des ours, pissenlit). C’est un style discret, durable, élégant, qui s’apprécie en levant le nez plutôt qu’en cherchant le grand effet.

Pour qui prend le temps, Nancy se révèle, rue par rue, façade par façade. Et c’est précisément ce qui fait l’intérêt de la visite insolite — sortir des Villa Majorelle et Musée École de Nancy pour entrer dans le tissu vivant de la ville Art nouveau.

Quels sont les lieux Art nouveau à Nancy ?

Les classiques : Villa Majorelle, Musée de l’École de Nancy, Brasserie Excelsior. Les insolites : le parc de Saurupt (cité-jardin avec Villa des Glycines, Villa des Roches, Villa des Pâquerettes), la Maison Bergeret rue Lionnois, l’ancienne Banque Renauld, et de nombreuses façades dispersées dans les rues commerçantes du centre (Saint-Dizier, Saint-Georges, Saint-Jean).

Où est le quartier Saurupt à Nancy ?

Au sud de la ville, à environ 20 minutes à pied de la place Stanislas (ou en bus). C’est un parc résidentiel lancé en 1901 sous l’impulsion d’Émile André et Eugène Vallin, qui devait être une cité-jardin entièrement Art nouveau. Une vingtaine de villas ont été construites dans le style, dont plusieurs parmi les plus belles d’Europe.

Combien de temps pour visiter Nancy Art nouveau ?

Pour un parcours complet : 2 h 30 à pied sans visite intérieure, 4 heures avec musée de l’École de Nancy et Villa Majorelle. Pour une visite plus poussée incluant les façades du centre et le parc Saurupt en détail, prévoir une journée. La Brasserie Excelsior à côté de la gare est un bon point de départ ou d’arrivée pour un déjeuner Art nouveau.

Faut-il réserver la Villa Majorelle ?

Réservation conseillée, surtout en haute saison (printemps-été). La billetterie en ligne et le Pass Nancy Pass permettent d’accéder à la villa et au Musée de l’École de Nancy. Compter 8-12 € par site individuellement.

Qu’est-ce que l’École de Nancy ?

Alliance officielle d’industriels et d’artistes locaux fondée en 1901 par Émile Gallé. Elle revendique un art décoratif moderne, ancré dans la nature lorraine (motifs floraux locaux : ombellifères, ail des ours), accessible à tous. Membres principaux : Émile Gallé, frères Daum, Louis Majorelle, Eugène Vallin, Jacques Gruber, Émile André. Active jusqu’à la Première Guerre mondiale.

Nancy Art nouveau ne se révèle pas en une visite éclair. Sortir de la Villa Majorelle pour entrer dans le tissu vivant — Saurupt, façades du centre, brasseries d’époque — c’est ce qui transforme un détour en vraie visite.